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LinkedIn déploie un bouton « Seems Like AI Slop » pour lutter contre le contenu pauvre
LinkedIn pourrait bientôt proposer une nouvelle façon de signaler les publications jugées trop génériques, artificielles ou peu utiles. Avec le bouton « Seems Like AI Slop », la plateforme semble vouloir s’attaquer directement à un phénomène qui prend de l’ampleur : la multiplication de contenus générés ou fortement assistés par l’intelligence artificielle.
L’intelligence artificielle est devenue incontournable dans la création de contenu. Mais son utilisation massive commence également à provoquer un nouveau problème sur les réseaux sociaux : la saturation de publications répétitives, génériques et sans réelle valeur ajoutée.
LinkedIn semble vouloir prendre ce problème au sérieux.
La plateforme professionnelle expérimente un nouveau mécanisme de signalement baptisé « Seems Like AI Slop », une expression qui peut se traduire approximativement par « ça ressemble à du contenu IA de mauvaise qualité ».
L’objectif serait de permettre aux utilisateurs d’indiquer qu’une publication semble avoir été produite automatiquement et qu’elle n’apporte pas suffisamment de valeur.
Qu’est-ce que le « AI Slop » ?
Le terme AI Slop désigne généralement des contenus produits en grande quantité grâce à l’intelligence artificielle, souvent sans véritable travail éditorial ou humain derrière.
Le problème n’est donc pas simplement qu’un texte a été écrit avec ChatGPT, Gemini, Claude ou un autre outil.
Un contenu peut parfaitement être assisté par l’IA tout en restant intéressant.
Le terme « slop » vise plutôt les publications qui présentent plusieurs caractéristiques :
- contenu très générique ;
- phrases répétitives ;
- conseils évidents ;
- absence d’expérience personnelle ;
- titres exagérés ;
- structure identique à des centaines d’autres publications ;
- multiplication de listes sans informations concrètes ;
- reformulation automatique de contenus déjà disponibles ailleurs.
C’est cette impression de contenu produit à la chaîne qui inquiète de plus en plus les utilisateurs des plateformes sociales.
Pourquoi LinkedIn s’intéresse-t-il au problème ?
LinkedIn occupe une position particulière dans l’écosystème des réseaux sociaux.
La plateforme est principalement utilisée pour :
- rechercher un emploi ;
- développer son réseau professionnel ;
- publier des analyses ;
- partager des expériences ;
- promouvoir une entreprise ;
- recruter ;
- construire une marque personnelle.
La qualité du contenu y joue donc un rôle important.
Si le fil d’actualité se remplit de publications générées automatiquement, la valeur du réseau peut diminuer.
Imaginez votre fil LinkedIn rempli de dizaines de publications commençant toutes par :
« 5 leçons que j’ai apprises après 10 ans de carrière… »
ou :
« Personne ne vous dit cela sur le leadership… »
avec des conseils extrêmement génériques et aucune expérience concrète.
C’est exactement le type de contenu que le phénomène « AI Slop » cherche à dénoncer.
Le bouton « Seems Like AI Slop » pourrait changer les habitudes
L’intérêt de cette fonctionnalité est surtout comportemental.
Au lieu de simplement ignorer une publication, l’utilisateur pourrait indiquer à LinkedIn qu’il considère le contenu comme peu qualitatif ou généré de manière excessive.
Cela donnerait potentiellement à LinkedIn un signal supplémentaire pour comprendre les préférences de son audience.
La plateforme pourrait ainsi mieux identifier les contenus qui provoquent une réaction négative chez les utilisateurs.
Attention : AI Slop ne signifie pas simplement « contenu écrit par une IA »
C’est probablement le point le plus important.
Utiliser l’intelligence artificielle pour rédiger une publication ne signifie pas automatiquement qu’elle est mauvaise.
Un professionnel peut utiliser une IA pour :
- corriger son orthographe ;
- améliorer la structure d’un texte ;
- traduire une publication ;
- trouver des idées ;
- analyser des données ;
- résumer un rapport ;
- préparer une première version.
Le problème apparaît lorsque l’utilisateur publie directement le résultat sans apporter de contexte, d’expérience ou d’expertise personnelle.
La différence pourrait donc être résumée ainsi :
IA comme outil → contenu enrichi.
IA comme remplacement total de la réflexion → risque de contenu générique.
LinkedIn veut-il interdire les contenus générés par IA ?
Rien ne permet de conclure que LinkedIn cherche à interdire tous les contenus générés par intelligence artificielle.
L’objectif semble plutôt être de lutter contre les publications de faible qualité et les comportements qui dégradent l’expérience des utilisateurs.
Cette distinction est essentielle.
Une entreprise peut parfaitement utiliser l’IA pour préparer une analyse professionnelle détaillée.
Mais si elle publie automatiquement des dizaines de textes génériques chaque semaine, la situation devient très différente.
Le véritable enjeu est donc la qualité et la valeur du contenu, pas uniquement l’outil utilisé pour le produire.
Le problème du contenu généré en masse
L’explosion des outils d’IA générative a considérablement réduit le coût de production du contenu.
Avant, écrire dix articles ou dix publications demandait beaucoup de temps.
Aujourd’hui, une personne peut produire plusieurs dizaines de textes en quelques minutes.
Cette capacité représente une opportunité énorme.
Mais elle peut également entraîner une conséquence inattendue :
plus de contenu ne signifie pas nécessairement plus de valeur.
Au contraire, lorsque la quantité augmente beaucoup plus rapidement que la qualité, les utilisateurs finissent par être exposés à une masse de publications difficiles à différencier.
Le risque pour les créateurs LinkedIn
Cette évolution pourrait également modifier les stratégies des créateurs présents sur LinkedIn.
Pendant plusieurs années, certaines recettes fonctionnaient particulièrement bien :
accroche forte → paragraphes courts → liste numérotée → conclusion → question aux lecteurs.
L’IA a rendu cette structure extrêmement facile à reproduire.
Résultat : des milliers de publications commencent à se ressembler.
Pour se différencier, les créateurs devront probablement apporter davantage de contenu original.
Par exemple :
- une véritable expérience professionnelle ;
- des chiffres ;
- des résultats ;
- des études de cas ;
- des captures d’écran ;
- des erreurs personnelles ;
- des opinions argumentées ;
- des exemples précis.
L’expérience personnelle devient plus importante
C’est probablement l’une des conséquences les plus intéressantes de l’arrivée de l’IA.
Lorsque tout le monde peut générer rapidement un texte bien écrit, l’écriture seule devient moins différenciante.
Ce qui devient plus précieux, c’est l’information que l’IA ne peut pas simplement inventer sans risque :
votre expérience.
Un responsable commercial peut expliquer comment une stratégie a réellement fonctionné.
Un développeur peut raconter pourquoi une architecture a échoué.
Un recruteur peut partager des données issues de son activité.
Un entrepreneur peut expliquer une erreur qui lui a coûté de l’argent.
Ces éléments donnent une dimension beaucoup plus difficile à reproduire.
« Seems Like AI Slop » pourrait-il devenir une nouvelle arme contre les créateurs ?
C’est également une question importante.
Une fonctionnalité de signalement peut être utile.
Mais elle peut aussi être utilisée de manière abusive.
Un utilisateur pourrait signaler une publication simplement parce qu’elle est très bien structurée ou parce qu’elle utilise un style considéré comme trop « parfait ».
Or, un texte professionnel bien écrit n’est pas nécessairement généré par IA.
LinkedIn devra donc probablement faire attention à ne pas transformer le bouton en simple détecteur de style.
La distinction entre :
« ce contenu semble artificiel »
et
« ce contenu a réellement été généré par une IA »
est loin d’être évidente.
Les détecteurs d’IA ne sont pas infaillibles
Le problème devient encore plus complexe lorsque l’on tente d’identifier automatiquement les textes produits par une IA.
Un texte humain peut parfois être classé comme généré par une intelligence artificielle.
À l’inverse, un texte généré par IA peut être fortement modifié par un humain et devenir très difficile à identifier.
LinkedIn devra donc probablement privilégier l’analyse de la qualité et du comportement du contenu plutôt que de chercher uniquement à déterminer si un modèle d’IA a été utilisé.
Le vrai combat pourrait être celui de la qualité
Derrière cette nouvelle fonctionnalité se cache un problème beaucoup plus large.
Les plateformes sociales doivent désormais répondre à une question fondamentale :
comment maintenir un fil d’actualité intéressant alors que le coût de production du contenu vient de s’effondrer ?
Avant l’IA générative, produire énormément de contenu nécessitait des équipes importantes.
Aujourd’hui, une seule personne équipée des bons outils peut générer une quantité impressionnante de publications.
Les plateformes doivent donc développer de nouveaux mécanismes pour différencier :
quantité
de
qualité.
LinkedIn pourrait favoriser les contenus plus authentiques
Si les signaux liés au « AI Slop » deviennent réellement intégrés à l’algorithme, cela pourrait encourager une évolution des pratiques.
Les créateurs pourraient être poussés à publier moins souvent mais avec davantage de substance.
Une publication avec :
« Voici ce que j’ai appris après avoir perdu 30 000 € sur ce projet. »
a potentiellement beaucoup plus de valeur qu’une publication générique expliquant :
« 5 erreurs à éviter pour réussir son entreprise. »
La première contient une expérience concrète.
La seconde peut facilement être générée par une IA.
Les entreprises devront également adapter leur communication
Le phénomène ne concerne pas uniquement les créateurs individuels.
Les entreprises utilisent elles aussi massivement l’IA pour produire des contenus marketing.
LinkedIn pourrait donc devenir un terrain d’expérimentation important pour les marques.
Les entreprises devront trouver un équilibre entre :
automatisation
et
authenticité.
Une marque qui publie quotidiennement des textes générés automatiquement pourrait finir par lasser son audience.
À l’inverse, une entreprise qui utilise l’IA pour préparer son contenu mais ajoute ensuite l’expertise de ses collaborateurs peut produire quelque chose de beaucoup plus intéressant.
L’IA n’est pas le problème : le manque de valeur l’est
Il serait trop simple de résumer cette évolution à :
« LinkedIn est contre ChatGPT. »
Ce n’est probablement pas le bon raisonnement.
L’intelligence artificielle est devenue un outil professionnel important.
Le problème vient davantage de son utilisation abusive.
Une bonne publication peut être :
100 % humaine.
100 % assistée par IA.
ou un mélange des deux.
Ce qui compte réellement, c’est ce que le lecteur obtient à la fin.
Apprend-il quelque chose ?
Obtient-il une information nouvelle ?
Peut-il appliquer le conseil ?
Comprend-il une expérience réelle ?
Si la réponse est non, le problème ne vient peut-être pas de l’IA.
Il vient simplement du fait que le contenu n’apporte aucune valeur.
Vers une nouvelle définition du bon contenu
L’arrivée de l’IA oblige les plateformes à revoir leurs critères.
Pendant longtemps, un bon contenu était notamment défini par :
- une bonne rédaction ;
- une belle présentation ;
- un titre accrocheur ;
- une structure claire.
Aujourd’hui, ces caractéristiques peuvent être reproduites automatiquement.
Le contenu de qualité devra donc probablement intégrer davantage de :
preuve + expérience + expertise + originalité + contexte.
C’est une évolution importante pour tous les créateurs.
Ce que les utilisateurs LinkedIn peuvent retenir
Si cette nouvelle fonctionnalité se généralise, les créateurs peuvent déjà adapter leur stratégie.
1. Arrêtez de publier uniquement des conseils génériques
Expliquez plutôt comment vous avez réellement obtenu un résultat.
2. Ajoutez des chiffres
Les données concrètes rendent une publication beaucoup plus crédible.
3. Partagez vos erreurs
Les expériences négatives sont souvent beaucoup plus intéressantes que les conseils théoriques.
4. Utilisez l’IA comme assistant
Laissez l’IA vous aider à structurer vos idées, mais ne lui demandez pas nécessairement de remplacer votre expertise.
5. Relisez toujours avant de publier
Une publication générée automatiquement peut contenir des répétitions, des affirmations vagues ou des formulations artificielles.
FAQ – LinkedIn et le bouton « Seems Like AI Slop »
Qu’est-ce que le AI Slop ?
Le terme « AI Slop » désigne généralement des contenus générés ou produits en masse avec l’intelligence artificielle, souvent caractérisés par leur faible valeur, leur répétitivité et leur manque d’originalité.
LinkedIn interdit-il les contenus générés par IA ?
Non. L’utilisation d’outils d’intelligence artificielle ne signifie pas automatiquement qu’un contenu est interdit ou de mauvaise qualité.
À quoi servirait le bouton « Seems Like AI Slop » ?
Il permettrait aux utilisateurs de signaler une publication qu’ils considèrent comme trop générique, artificielle ou pauvre en valeur.
Est-ce qu’un contenu écrit avec ChatGPT est forcément du AI Slop ?
Non. Une publication peut être rédigée avec l’aide d’une IA tout en apportant une véritable expertise, des données et une expérience personnelle.
Pourquoi LinkedIn veut-il lutter contre le AI Slop ?
La multiplication de contenus générés automatiquement peut rendre le fil d’actualité plus répétitif et réduire la qualité globale des informations proposées aux utilisateurs.
L’IA va-t-elle disparaître de LinkedIn ?
C’est très improbable. L’intelligence artificielle est déjà largement utilisée dans le monde professionnel. L’enjeu est plutôt de favoriser une utilisation qui apporte réellement de la valeur.
Conclusion : LinkedIn veut-il entrer dans l’ère du « contenu anti-slop » ?
L’apparition du bouton « Seems Like AI Slop » illustre parfaitement le nouveau défi auquel les réseaux sociaux sont confrontés.
L’intelligence artificielle permet désormais de produire du contenu à une vitesse jamais vue auparavant.
Mais cette abondance crée son propre problème : la saturation.
Pour LinkedIn, dont l’identité repose largement sur l’expertise professionnelle et le partage d’expériences, la question est particulièrement importante.
Si la plateforme parvient à identifier efficacement les contenus pauvres sans pénaliser injustement les utilisateurs qui se servent de l’IA comme outil, cette évolution pourrait améliorer considérablement la qualité du fil d’actualité.
Mais une chose semble déjà certaine :
à l’ère de l’IA, savoir écrire ne suffit plus. Il faut avoir quelque chose à dire.
Et c’est peut-être cette évolution qui va réellement transformer LinkedIn dans les prochaines années.
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